…qui concilie la protection de notre santé et des méthodes de travail qui préservent la productivité et permettent aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail.


 

Je suis intervenu au mois d’avril lors d’une audition de mes collègues Chantal Jouanno et Aline Archimbaud sur le thème « santé/environnement », pour alerter une nouvelle fois l’ensemble des membres des commissions des Affaires sociales et du Développement durable sur l’évidence aujourd’hui démontrée des dangers de l’utilisation massive de pesticides* dans notre agriculture. J’ai volontairement choisi la viticulture, fleuron de notre économie, qui utilise 20% de notre consommation alors qu’elle ne couvre que 3% de la surface agricole (SAU). Cette étude a été réalisée dans le Médoc, région particulièrement sensible en raison de l’humidité permanente. Par ailleurs, un rapport réalisé par l’ASTI (Association de Santé au Travail Interservices) en collaboration avec les services de la Médecine du Travail et le service de toxicologie de Purpan à Toulouse met clairement en évidence le risque encouru par les viticulteurs en raison des mauvaises pratiques de manipulations constatées et des trop grandes quantités utilisées.

Aujourd’hui, le lien est clairement établi entre certaines maladies, notamment maladie de Parkinson, certains cancers neurologiques, et l’exposition à ces produits. L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire
 de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) se plaint du manque de crédits pour remplir sa mission ; certains dossiers concernant les pesticides sont en attente de traitement depuis des mois malgré les signaux d’alerte très inquiétants des autorités sanitaires.

La France est le premier consommateur européen de pesticides et le quatrième mondial (après les Etats-Unis, le Brésil et le Japon).

Une autre famille d’insecticides est particulièrement visée : les néonicotinoïdes dits systémiques, car ils pénètrent tout le système vasculaire de la plante ou de l’animal traité. Il est clairement établi aujourd’hui qu’ils sont responsables de la destruction d’une part très importante de populations d’abeilles.

C’est pourquoi, les élus et les collectivités doivent jouer un rôle majeur et moteur dans l’amélioration de certaines pratiques avant que l’on se retrouve devant un véritable désastre de santé publique.

Aujourd’hui, sans sombrer dans l’intégrisme qui consisterait à interdire tous les pesticides toxiques, il est nécessaire de se pencher sur des solutions alternatives ; il ne s’agit pas uniquement de protéger notre environnement mais aussi de protéger les agriculteurs ainsi que toutes les populations exposées lors des épandages.

Pierre MÉDEVIELLE

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Loi pour les collectivités territoriales

Au 1er mai 2016, interdiction pour les collectivités territoriales et l’État de l’utilisation des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, forêts ou promenades accessibles au public et relevant de leur domaine public ou privé.

Toutefois, les produits autorisés en agriculture biologique, les produits de bio contrôle et les produits à faible risque continuent d’être autorisés.

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Collectivités territoriales : les agents qui utilisent ces produits doivent bénéficier d’une formation et d’un certificat individuel

Un arrêté du 7 février 2012 rend obligatoire pour les agents des collectivités territoriales la possession d’un certificat individuel pour l’utilisation à titre professionnel des produits phytopharmaceutiques (communément appelé Certiphyto).

Cet arrêté fixe les modalités d’obtention et de renouvellement de ce certificat dont la validité est de 5 ans.

Le CNFPT propose les formations pour obtenir le « Certificat Individuel professionnel pour l’utilisation des produits phytosanitaires » et propose également des solutions alternatives à ces pratiques.

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*Qu’est-ce qu’un pesticide ?

Les pesticides regroupent de nombreuses substances utilisées dans la lutte contre les nuisibles (insecticides, fongicides, herbicides).