occitan2

La réforme du collège voulue par Najat Vallaud-Belkacem a suscité – et suscite encore – de vives polémiques* : suppression des classes bilangues, réduction des cours de latin à de simples notions de civilisation, enseignement facultatif des Lumières, nouveaux programmes illisibles et infaisables selon une majorité de professeurs.

Au-delà de ces considérations que je partage pleinement, il m’a également semblé important d’interroger la ministre de l’Éducation nationale sur les moyens, tant humains que financiers, destinés à l’enseignement de la langue et de la culture occitane en collège.

C’est la raison pour laquelle j’ai déposé le 11 juin dernier la Question écrite suivante :

« Madame Brigitte Micouleau attire l’attention de Madame la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur les inquiétudes des professeurs d’occitan quant à la place de l’enseignement de cette langue et de cette culture en collège.

Si l’article 5 de l’arrêté du 19 mai 2015 relatif à l’organisation des enseignements dans les classes de collège mentionne bien les langues et cultures régionales dans la liste des thématiques sur lesquelles pourront porter les enseignements pratiques interdisciplinaires, il n’en demeure pas moins que la question du financement d’heures spécifiques reste en suspens. En effet, contrairement à ce qui est le cas pour l’enseignement d’autres langues régionales, l’État ne finance pas aujourd’hui d’heures spécifiques pour l’enseignement de l’occitan. Et ce sont donc les académies concernées qui prennent sur leurs dotations horaires pour assurer cet enseignement.

A cette incertitude concernant le financement des heures d’enseignement, s’ajoute la question du nombre limité de postes offerts au concours du Capes et ce, depuis plusieurs années déjà. Ce nombre limité aurait pour conséquence, selon les enseignants, de ne pas suffire à permettre le remplacement des départs en retraite.

Aussi et alors que l’occitan, à l’instar de l’ensemble des langues régionales, fait partie du patrimoine de la France et constitue une richesse culturelle pour notre pays, elle lui demande quelles garanties concrètes le Gouvernement est aujourd’hui susceptible d’apporter pour assurer la sauvegarde et le développement de l’enseignement de la langue et de la culture occitanes en collège. »

Brigitte Micouleau

——

*J’ai fait partie des quelque 150 parlementaires ayant cosigné la lettre de Bruno Le Maire adressée, le 6 mai dernier, au Président de la République demandant le retrait de cette réforme.