« La question du travail dominical et tout particulièrement celle de son extension font partie de ces sujets de société qui dépassent les clivages politiques ou partisans. Elles les dépassent car elles font appel à des convictions et à des ressorts personnels.

Même s’il est remarquable de constater qu’aucune étude, aujourd’hui comme hier, en France comme ailleurs, ne démontre un quelconque impact positif de la généralisation du travail dominical sur l’économie, c’est principalement sur mon vécu que se fonde mon opposition à ce genre de mesures.

Le vécu d’une épouse de restaurateur qui durant 35 ans a travaillé tous les dimanches. Le vécu d’une mère de quatre enfants qui a pu, durant toutes ces années, réaliser combien il était difficile de concilier vie de famille et activité professionnelle ce jour-là.

Il va de soi que certains secteurs d’activité (santé, sécurité, hôtellerie, restauration…) sont difficilement compatibles avec un repos dominical sacralisé.

Pour autant, je reste intimement persuadée que l’extension du travail dominical à toute une série de commerces ne peut en aucune manière constituer un progrès social.

Défendre le repos dominical, c’est notamment permettre aux familles de se retrouver, aux associations, de toute nature, de développer leurs activités et de créer du lien social.

Défendre le repos dominical, c’est donner du temps – et donc une chance- à sa relation aux autres, au partage des goûts, des passions et des valeurs.

Pour toutes ces raisons, je me suis donc, à titre personnel, prononcée contre toutes les dispositions tendant à généraliser le travail dominical dans ce projet de loi. »